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Notice d'autorité

Vernet, Horace

  • Personne
  • (1789-1863)

Fils de Carle Vernet, petit-fils de Claude Joseph Vernet et de Jean-Michel Moreau, il suivit les traces de son père dans la peinture militaire dont il fit sa spécialité et où il se révéla un peintre brillant, mais superficiel. On lui doit des scènes de batailles1, de sport, et des sujets orientaux. Une de ses filles épousa le peintre Paul Delaroche, une autre, Henriette Edmée, fut l'épouse d'Adolphe Yvon.

Il intégra l'atelier du peintre François-André Vincent (1746-1816) à l'École des beaux-arts de Paris.

Peintre déjà célèbre en son temps, il fut directeur de l’Académie de France à Rome de 1829 à 1834. Il prit le premier daguerréotype du port de Marseille en 1839. Enrichi, il acquit en 1855 un domaine au lieu-dit « Les Bormettes », sur le territoire de la commune de La Londe-les-Maures, alors simple faubourg de Hyères, charmé par la beauté du site dont l’eau bleutée et les collines galbées lui rappelaient l’Algérie où il avait auparavant séjourné. Il s’y fit construire un vaste château médiéval composé de différents corps de bâtiments hétéroclites et de style divers.
En octobre 1839, Vernet fit un voyage en Orient en compagnie2 de son neveu Charles Burton et d'un photographe ami et élève, Frédéric Goupil-Fesquet équipés de matériel produit par Lerebours3. Ils avaient été précédés en Egypte de quelques semaines par le franco-canadien Gaspard-Pierre-Gustave Joly de Lotbinière, qu'ils rencontrent en novembre. Les trois hommes rapportèrent leurs daguerréotypes qui donnèrent lieu à un livre, les Excursions daguerriennes publiées sous forme de lithographies par Lerebours en 1842.

« Il était un homme d’esprit, caractère aimable, une nature droite, honnête, loyale, vive et sensée », écrit Sainte-Beuve4.

En 1845, il perd sa fille Louise, alors âgée de 31 ans. Sa douleur lui inspirera son œuvre L'ange de la Mort.
À l’Exposition universelle de Paris de 1855, il occupa comme Ingres une salle entière et reçut la médaille d’honneur, ce qui le plaça en tête des peintres de son époque. Le peintre anglais Edwin Henry Landseer dit de lui : « Les tableaux de Vernet l’emportent sur ceux de tous ses rivaux car ils ne procèdent que de lui-même… » Au mois de décembre 1862, Napoléon III, apprenant la grave maladie de l’artiste, lui écrit : « Mon cher Monsieur Horace Vernet, je vous envoie la croix de Grand officier de la Légion d'honneur comme au grand peintre d'une grande époque… »5.

Thévenin, Charles

  • Personne
  • (1764-1838)

Fils d’un architecte de la cour, il étudie la peinture à l’Académie royale de peinture et de sculpture auprès de François-André Vincent. Second prix de Rome pour Joseph reconnu par ses frères en 1789, il partage le premier prix en 1791 pour "Régulus retourne à Carthage". Il reçoit alors ses premières commandes et produit en 1790 la première version de La Prise de la Bastille, qui suscite de nombreux commentaires. Il reçoit un second prix au concours de l’an II pour Le 12 juillet 1789.
Après avoir délaissé un temps la peinture historique pour des sujets décoratifs, il produit en 1798 "Augereau au pont d'Arcole", qui inaugure une série de toiles à la gloire de l’Empire. Il part alors pour l’Italie où il séjourne à la villa Médicis et fréquente Dominique Ingres. Il est directeur de l'Académie de France à Rome de 1816 à 1823. De retour à Paris, il est élu membre de l’Académie des beaux-arts en 1825, puis il est nommé conservateur du Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale.

Suvée, Joseph-Benoît

  • Personne
  • 3 janvier 1743 (Belgique,Bruges)-9 février 1807 (Italie, Rome)

Tout d'abord élève de Matthias de Visch dans l’académie de sa ville natale2, il vient en France en 1762 où il entre dans l’atelier de Jean-Jacques Bachelier. En 1771, il obtient, quoique étranger, le prix de Rome, en dépit des règlements en vigueur, qui le réservaient aux Français, devançant Jacques-Louis David, qui lui en gardera une rancœur tenace. Séjournant dans la ville éternelle de 1772 à 1778, il acheva de se perfectionner sous la direction de Vien et y prolongea la durée du séjour normal des pensionnaires de l’Académie de France à Rome.

Agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1779, il en devint membre titulaire dans l’année qui suivit son retour à Paris, en 1780. Il fut nommé successivement adjoint à professeur, le 27 octobre 1781, puis eut rang de professeur, le 31 mars 17822. Logeant au palais du Louvre, il ouvre une école de dessin pour jeunes filles.

Nommé, le 20 novembre 1792, directeur de l’Académie de France à Rome, en remplacement de François-Guillaume Ménageot, il est limogé 5 jours plus tard par David, alors député de Paris à la Convention. Après avoir été incarcéré quelque temps à Saint-Lazare, sous la Terreur, il fut confirmé, en septembre 1798, dans ses fonctions de directeur de l’École française à Rome, mais son départ fut suspendu par les évènements de la guerre1792-180. Attaché, dans l’entremise, comme professeur à l’École des beaux-arts de Paris, le 31 mars 1792, comme successeur de Brenet, il est confirmé le 30 novembre 1794, poste auquel il n’aura pas de successeur.

Ce ne fut qu’à la fin de 1801, sa nouvelle nomination datant du 26 octobre, qu’il put enfin aller prendre son poste à Rome, où il connut une carrière brillante, faisant de grands efforts pour surmonter les difficultés que présentait la réorganisation de l’École de France, qu’il établit dans la villa Médicis, des émeutes anti-françaises ayant saccagé le palais Mancini en 1799, en l’enrichissant de magnifiques collections artistiques, et adressant chaque année au gouvernement un rapport détaillé sur les progrès des élèves confiés à ses soins. En récompense de ses services, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 18 décembre 1803, et correspondant de l’Institut. Il mourut subitement, après six années de séjour, au moment où il allait jouir de ses travaux. Il a eu pour élèves notamment Augustin van den Berghe, Marie Bouliard, Cornelis Cels, Jean-Bernard Duvivier, Albert Gregorius, Constance Mayer et Babette Bansi.

Décrit par Höfer comme « d’un caractère bon, sensible et généreux2 », ce dernier le rattache, « comme peintre à l’école flamande : il connaissait bien l’anatomie et la perspective ; il excellait à rendre les détails, mais il manquait de force et d’imagination11. » À sa mort, le graveur en taille douce Joseph-Charles de Meulemeester, qui l’avait soigné avec une sollicitude filiale pendant sa maladie, et dans les bras desquels il était mort, lui éleva, avec quelques autres compatriotes, qui se trouvaient alors à Rome, à leurs frais, un mausolée en marbre noir surmonté de son buste, dans le Panthéon

Schnetz, Jean-Victor

  • Personne
  • (1787-1870)

Jean Victor Schnetz est né le 14 avril 1787 à Versailles.
Il est d'abord formé par Jacques-Louis David puis Jean-Baptiste Regnault, Antoine-Jean Gros et François Gérard.
Il a exposé au Salon à partir de 18082 ou de 18121 jusqu'en 1867, et a remporté des médailles de première classe en 1819 et lors de l'Exposition universelle de 1855.
Ami de Théodore Géricault, Jean-Victor Schnetz partagea sa vie entre la France et l'Italie qu'il avait découverte dans sa jeunesse et dont il était tombé amoureux.
Il mène une brillante carrière : élu en 1837 à l'Académie des beaux-arts, il est appelé, en 1841, à succéder à Ingres comme directeur de l'Académie de France à Rome et conserve ce poste jusqu'en 1846. Il le retrouve une seconde fois entre 1853 et 1866, date à laquelle lui succède Joseph-Nicolas Robert-Fleury.
Il est l’un des quatre peintres appelés pour célébrer les grandes révolutions parisiennes sur les murs de l'ancienne Salle du Trône de l'Hôtel de ville de Paris.
Il a une influence considérable sur les pensionnaires de la Villa Médicis. En effet, il incite les élèves à peindre d’après nature et non d’après les modèles en plâtre et obtient des autorisations pour aller dessiner dans les quartiers gitans de Rome. Le peintre étudie à Rome les thèmes de foi populaire qui l'inspirent et peint des tableaux d'inspirés de thèmes méditerranéens, très en vue au début de la monarchie de Juillet malgré leur caractère exotique qui font l'objet des sarcasmes de Baudelaire.
Il sait conquérir la gloire en pleine bataille entre néo-classiques et romantiques en inventant une voie moyenne consistant à traiter de manière classique des sujets pittoresques tirés de la vie quotidienne des paysans et brigands.
Il est mort le 16 mars 1870 à Paris.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (3e division).

Pâris, Pierre-Adrien

  • Personne
  • 27 décembre 1745 (France, Besançon) - 1er août 1819 (France, Besançon)

Fils du géomètre et patricien Pierre-François Pâris, Pierre-Adrien Pâris naît à Besançon le 25 octobre 1745 dans la rue Battant. À l’âge de cinq ans, Pierre-Adrien Pâris quitte Besançon pour Porrentruy où son père est nommé géomètre du prince-évêque de Bâle. Entre 1750 et 1760, il suit sa première formation auprès de son père.
En 1760, Pâris rejoint son oncle Jean-Baptiste Lefaivre (maître-maçon et entrepreneur) à Paris, puis il entre dans l’atelier de l’architecte Louis-François Trouard. Il devient élève de l’Académie royale d’Architecture en 1764 où il suit l’enseignement de Jacques-François Blondel. Dès 1765 et jusqu’en 1769, Pâris se présente au Grand Prix d’architecture sans jamais l’emporter.
En 1770, Trouard demande au marquis de Marigny une place à l’Académie de France à Rome pour son élève ; Pâris arrive à Rome le 27 octobre 1771 en compagnie du fils de Louis-François Trouard et devient officiellement pensionnaire de l’Académie l’année suivante. Entre 1772 et 1774, Pâris dessine dans la campagne romaine aux côtés de peintres tels que François-André Vincent avec qui il s’initie aux dessins de vues. Il en profite également pour réaliser de nombreuses études de monuments antiques et commence une petite collection de dessins et de contre-épreuves de sanguines de ses camarades peintres. Il a également l’occasion d’enseigner l’architecture à Francesco Piranesi, fils du grand Piranèse et de voyager dans le sud de l’Italie où il visite Cadoue, Paestum, Pompéi et Herculanum. Il rentre en France en 1774 en passant par Bologne, Venise, Vérone, Milan, Turin et Chambéry.
À son retour d'Italie, il séjourne quelques mois à Bordeaux où il participe aux travaux de construction du Grand-Théâtre.
Entre 1775 et 1777, il imagine les décors intérieurs de l’hôtel du duc d’Aumont, premier gentilhomme de la Chambre du roi, construit en collaboration avec Trouard, Place Louis XV (actuel Hôtel de Crillon, place de la Concorde). En janvier 1778, il est nommé dessinateur de la Chambre et du Cabinet du roi poste important des Menus-Plaisirs du roi. Pâris dessine donc les projets pour les fêtes, cérémonies, spectacles, bals et pompes-funèbres de la Cour.
Grâce à la nomination de Charles-Henri de Feydeau (1754-1802), marquis de Brou, au poste d’intendant de la généralité de Dijon en 1780, Pâris peut obtenir de nombreux projets en Bourgogne. La même année, il devient membre de l’Académie royale d’architecture.
Pendant trois mois (mars à mai) en 1783, il retourne à Rome en compagnie de Louis-François Trouard, venu retrouver son fils. Entre 1782-1786, il dessine le château de Colmoulins près du Havre, propose un projet pour l'extension des Bains civils de Bourbonne-les-Bains 2, pour l'hôtel de ville de Neuchâtel, en Suisse et un autre pour la reconstruction du château de Versailles. En avril 1785, il est nommé architecte de l’Académie royale de musique (Opéra de Paris) et architecte des Économats en 1787.
À partir de 1787, pour la duchesse de Bourbon, il travaille aux aménagements intérieurs du palais de l'Élysée, faisant quasiment disparaître le décor réalisé par son maître Boullée ; il redessine également le parc à l'anglaise et y édifie le hameau dit « de Chantilly ». L’année suivante, il travaille pour Jean-Baptiste d’Arboulin de Richebourg à l’aménagement de son hôtel, rue de Courcelles à Paris.
Fait chevalier de l’ordre de Saint-Michel, il reçoit ses lettres de noblesse en 1789 et travaille au projet et l’aménagement de la salle de l’Assemblée des États-généraux dans l’hôtel des Menus Plaisirs à Versailles dont l’ouverture a lieu le 5 mai. En octobre de la même année, lorsque l’Assemblée nationale, à la suite de Louis XVI, se transporte dans la capitale, Pâris est chargé d'adapter la Salle du Manège à sa nouvelle fonction politique3. Son poste de dessinateur de la Chambre et du Cabinet du Roi supprimé fin décembre 1792, il se réfugie à Vauclusotte (Doubs) pendant la Terreur.
Vient ensuite une longue période de retraite pendant laquelle Pâris s'installe en Normandie, de juillet 1793 à juin 1806. Habitant d’abord à Colmoulins (situé à Harfleur) au château de l'armateur havrais Stanislas Foäche, il s’aménage ensuite un appartement dans un vieux pigeonnier à Escures. Il consacre ces 13 ans à la rédaction d’ouvrages sur les monuments antiques, au jardinage et à la réalisation d’un catalogue de sa collection. Il imagine à ce moment-là les plans d'un monument expiatoire à l’exécution de Louis XVI sur la place de la Concorde qui reprend le dispositif en ellipse où ont été déclarés les Droits de l'homme, qu'il avait inventé pour l'Assemblée nationale aux Menus Plaisirs, que Chateaubriand reprend à son compte sans en mentionner l'auteur. Il propose des plans pour l'Abbaye du Valasse, achetée par l'armateur havrais Jacques-François Begouën. Pâris vit calmement ce qu’il pense être les dernières années de sa vie.
Pendant la dernière période de sa vie, Pâris vit une sorte de seconde carrière qui commence par un troisième séjour à Rome en 1806. Parmi ses nominations et activités, il assure en 1807 le directorat par intérim de l’Académie de France à Rome, devient membre de l’Académie de San Luca et retourne visiter les villes antiques du sud de l’Italie. Entre 1808 et 1809, il organise l’enlèvement et le transport des antiquités de la Villa Borghèse pour le compte de Napoléon qui vient d’acheter la collection et souhaite la rapatrier au Louvre. Il est enfin chargé de diriger les fouilles du Colisée à partir de 1811.

De mars à avril 1817, il rejoint la France pour la dernière fois, et arrive à Besançon le 30 avril. Il loge au 8, rue Charles Nodier où il aménage son « petit muséum ». Au cours de l’année 1818, il rédige un testament par lequel il lègue ses collections à la Bibliothèque municipale de Besançon et meurt le 1er août 1819. Son corps repose au cimetière de Saint-Ferjeux à Besançon, quant à sa collection, elle a rejoint la bibliothèque dès 1819, une partie en est déposée au musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon lors du déménagement de ce dernier dans la halle à grain de la place du Marché en 1843.

Ingres, Jean Auguste Dominique

  • Personne
  • (1780-1867)

Jean-Auguste-Dominique Ingres est né à Montauban le 29 août 17802 Son père, le peintre et sculpteur Jean-Marie-Joseph Ingres, a favorisé ses penchants artistiques. Il entre en 1791 à l’Académie de Toulouse où il est formé par Jean Suau, puis se rend à Paris, en 1796, pour étudier sous la direction de Jacques-Louis David. Il s’éloigne de son néo-classicisme par son dévouement à un idéal de beauté fondé sur de difficiles harmonies de lignes et de couleurs. Il peint le portrait d'amis ainsi que de Pierre-François Bernier, qu'il connaît de Montauban. Il remporte le prix de Rome à sa deuxième tentative en 1801 avec "Les Ambassadeurs d'Agamemnon", mais il ne peut s'y rendre immédiatement. Il s'installe avec d'autres élèves de David à l'ancien couvent des Capucines où il peint principalement des portraits.
En juin 1806, il se fiance avec Marie-Anne-Julie Forestier, mais son départ pour Rome en septembre mit progressivement fin à ce premier amour.
Madame Rivière (1805), huile sur toile, 116,5 × 81,7 cm, Paris, musée du Louvre.

En 1806, Ingres découvre à Rome, Raphaël et le Quattrocento, qui marquent définitivement son style. Ces années de travail sont les plus fécondes avec les nus, parmi lesquels La Baigneuse, les paysages, les dessins, les portraits et les compositions historiques. Il est en pleine possession de son art et son séjour à Rome est aussi l'occasion de tisser des liens amicaux avec les grands commis de l'administration impériale : le comte de Tournon et sa mère, Edme Bochet et sa sœur Cécile Bochet madame Henry Panckoucke, Hippolyte-François Devillers, le baron de Montbreton de Norvins. En France, cependant, ses toiles peintes en Italie ne plaisent pas. L’artiste décide alors de rester à Rome. Il se marie en 1813 avec Madeleine Chapelle (1782-1849), une jeune modiste habitant Guéret4. Ingres réalisa dix portraits de sa femme. Mais le plus célèbre tableau sur lequel elle apparait est Le Bain turc. Madeleine pose pour l'odalisque aux bras levés qui s'étire au premier plan. Le tableau a été réalisé en 1862, après la mort de Madeleine. Elle fut peinte d'après un croquis qu'Ingres avait réalisé en 1818. En 1850, il va à Châlons chez sa belle-mère pour connaître les lieux où sa femme a vécu, et y rencontre le notaire Louois Changy. Il semble y être retourné l'année suivante5.

À la chute de Napoléon Ier, des difficultés économiques et familiales l’entraînent dans une période financièrement difficile pendant laquelle il peint, avec acharnement, tout ce qu’on lui commande. Il sollicite ses amitiés romaines et ses bonnes relations avec les Panckoucke et les Bochet lui présentent Charles Marcotte d'Argenteuil, ami d'Edouard Gatteaux, ami proche d'Ingres. Très vite, Charles Marcotte d'Argenteuil devient un proche du peintre, jusqu'à devenir un de ses principaux mécènes jusqu'à son décès en 1864. Après la mort de Madeleine, ce dernier ira même jusqu'à lui présenter sa nièce, Delphine Ramel, qu'Ingres épousera le 15 avril 1852. De ce mariage, viendra la décision d'acheter la maison de Meung-sur-Loire avec son nouveau beau-frère, Jean-François Guille, notaire et conseiller général du Loiret, où il se retirera tous les étés pour bénéficier de la douceur et de la lumière de la Loire.

Nombre de membres de la famille Marcotte seront de fidèles acheteurs, comme Philippe Marcotte de Quivières et ses frères Marcotte de Sainte-Marie et Marcotte de Genlis, le baron Charles Athanase Walckenaer, Alexandre Legentil et le baron Hubert Rohault de Fleury (tous deux initiateurs du projet de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre), Cécile Bochet, devenue madame Henry Panckoucke et baronne Morande-Forgeot, et le clan Ramel.
En 1820, il quitte Rome pour Florence où il réside jusqu'en 1824.
Il trouve finalement le succès en France avec son "Vœu de Louis XIII" exposé au Salon de 1824, destiné à la cathédrale de Montauban. Il devient directeur de l’Académie de France à Rome de 1835 à 1840. Appelé, le 25 mai 1862, à faire partie du Sénat impérial, il y vota jusqu'à sa mort conformément aux vœux du pouvoir6. Il avait été élevé au grade de grand officier de la Légion d'honneur le 14 novembre 18557.
"Le Bain turc (1862)", huile sur toile, 108 × 110 cm, Paris, musée du Louvre.
Ingres attache au dessin une grande importance et déclarait à ce sujet : « Une chose bien dessinée est toujours assez bien peinte8. » La galerie de portraits réalistes qu’il laisse, constitue un miroir de la société bourgeoise de son temps, de l’esprit et des mœurs d’une classe à laquelle il appartient et dont il trace les vertus et les limites. Ingres s’intéresse beaucoup à la texture des vêtements et des étoffes (velours, soie, satin, cachemire…) qu’il intègre dans ses œuvres de façon que la classe sociale du personnage représenté soit mise en valeur. Il s’inspire, à ses débuts, de l'esthétique de l’art grec, avant de se tourner vers une approche plus souple des courbes et des drapés. Ingres n'hésitait pas à accentuer l'anatomie de ses modèles pour atteindre son idéal de beauté ; ainsi, il rajouta trois vertèbres à sa Grande Odalisque .
Ingres reçoit à partir de 1824 honneurs et commandes officielles. Il n'abandonne cependant pas le portrait dont le portrait de monsieur Bertin, de 1832, est un sommet.
Le rejet par la critique et par le public, de sa dernière peinture d'histoire le Martyre de Saint Symphorien exposée au Salon de 1834, le détermine à accepter la direction de l'Académie de France à Rome, où il reste jusqu'en 1845. De retour à Paris, il peint à nouveau des portraits et reçoit à nouveau des commandes de grandes œuvres décoratives (DP).
Il se détache du néo-classicisme par la subordination de la forme à l'expression, simplifiant ou déformant l'anatomie pour se rapprocher de l'expression du caractère individuel (DP). Il s'oppose aussi à l'enseignement officiel sur la nature du beau idéal. Pour l'Académie, celui-ci se traduit par un jeu de proportions canoniques, et la profondeur du savoir du peintre s'obtient par la connaissance de l'anatomie artistique, tandis qu'Ingres réprouve l'étude de l'intérieur du corps humain au profit de l'observation fine de la morphologie9, qui aboutit à représenter non pas un idéal générique, mais celui correspondant à l'individualité du modèle, et pratique la simplification des formes, condamnant la représentation du détail à l'intérieur du modelé.
Dominique Ingres est aussi violoniste et devient, durant un temps, deuxième violon à l’Orchestre du Capitole de Toulouse. De ce loisir est née l’expression « violon d’Ingres ».
Il meurt le 14 janvier 1867 au 11, quai Voltaire (7e arrondissement)10, où une plaque lui rend hommage. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris (23e division)11.
Conformément à la volonté de l'artiste de léguer à sa ville natale une grande partie de ses dessins (4 500) ainsi que certains objets personnels, le musée Ingres ouvre ses portes au milieu du XIXe siècle dans l'enceinte de l'ancien palais épiscopal de Montauban ; Armand Cambon, Montalbanais élève d'Ingres, fut son exécuteur testamentaire et le premier conservateur du musée.

Guérin, Pierre-Narcisse

  • Personne
  • (1774-1833)

Né à Paris de parents thiernois, Pierre-Narcisse Guérin est admis en 1785 à l'Académie royale de peinture et de sculpture à Paris. Il y est l’élève d'Hughes Taraval, de Nicolas Guy Brenet puis de Jean-Baptiste Regnault. En 1797, il obtient le premier grand prix de Rome pour "La Mort de Caton d'Utique". Son premier tableau remarquable est "Le Retour de Marcus Sextus", qui connaît un succès au Salon de 1799. Peu après, il peint son "Orphée au tombeau d'Eurydice" et "L'Offrande à Esculape".

Il se rend ensuite en Italie où il passe plusieurs années. De retour à Paris, il reparaît au Salon de 1810 avec trois tableaux : L'Aurore enlevant Céphale — composition froidement accueillie —, Andromaque et Pyrrhus et Bonaparte pardonnant aux révoltés du Caire, toile qui donne lieu à de vives critiques. Cette même année, Guérin ouvre, à Paris, un atelier bientôt très fréquenté, d'où sont sortis les peintres romantiques les plus notables : Théodore Géricault, Ary Scheffer et son frère Henry Scheffer, Léon Cogniet, Victor Orsel, Paul Huet ou encore Eugène Delacroix.
Parmi les œuvres représentatives que Guérin produisit ensuite, "Clytemnestre" et "Didon et Énée", dont le sujet fut très vif au Salon de 1817. Professeur à l'École des beaux-arts de Paris, il est institué officiellement le 27 novembre 1816, en remplacement de Claude Dejoux mort la même année. Il sera lui-même remplacé en 1833 par Paul Delaroche1. Membre de l'Institut en 1815 (fauteuil 9), il accepte, en 1822, la direction de l'Académie de France à Rome, qu'il garde jusqu'en 1828.

Guillon dit Lethière, Guillaume

  • Personne
  • (1760-1832)

Enfant naturel de Marie-Françoise Dupepaye, une esclave affranchie de la Guadeloupe, et de Pierre Guillon, notaire royal à Saint-Pierre de la Martinique et procureur du roi en Guadeloupe, qui le reconnut à Paris le 7 avril 1799, ainsi que sa sœur Andrèze ne pouvant les reconnaître plutôt à cause du code noir. Guillaume Guillon Lethière présenta dès l’enfance des dispositions pour la peinture qui décidèrent son père à l’emmener en France en juin 1774 à bord de L'Éveillé, où ils accostèrent en septembre 1774 à Bordeaux.
Il fut d'abord, placé sous le nom de « Letiers » (étant le troisième fils de la famille), chez le peintre Jean-Baptiste Descamps, professeur à l’école publique gratuite de dessin, nouvellement fondée à Rouen, où il fit en trois ans des progrès rapides. Il changea plus tard son nom en « Lethiers », ensuite en Lethière qu'il conservera finalement, même si de nombreuses œuvres étaient signées « Le Thière » . Il vint ensuite à Paris et entra chez le peintre du roi, Gabriel-François Doyen, chez qui il resta jusqu’en 1786. Il fréquente l'atelier de David, chez qui il ne fut jamais élève, où ses camarades le rebaptisèrent en « Lethière ».
Ayant remporté le second prix de Rome en 1784 dont le sujet était La Cananéenne aux pieds de Jésus-Christ, il partit pour Rome. En 1787, il a un fils naturel, Alexandre, avec Marie-Agathe Lapôtre. Celui-ci mourra jeune des suites de blessures reçues sur un bateau engagé contre les Anglais pour libérer la Martinique, laissant lui aussi un enfant en bas âge que Lethière va élever.

Ayant été témoin des efforts tentés par d’éminents artistes pour ramener la peinture à l’étude de l’antique, il était décidé à suivre cette voie. Ses succès furent grands à Rome et ses études très remarquées en France. On distingua surtout son Brutus dont il présente l'esquisse au Salon de 1793. En 1795, s'éloignant du néo-classicisme, il présente au Salon un tableau qui peut-être considéré comme l'un des premiers témoignages du style troubadour, Herminie et les Bergers (Dallas Museum of Art) qui trouvera quelques années plus tard un véritable épanouissement dans les milieux proches de l'impératrice Joséphine.
De retour à Paris en 1792, il consolida sa réputation par de grands ouvrages, qui lui valurent d’être choisi en 1811 par la quatrième classe de l’Institut comme directeur de l’Académie de Rome. Son mandat lui ayant été renouvelé à l’expiration de son exercice, il y resta dix ans. Il s’y trouvait en 1818 lorsqu’il fut nommé membre de l’Académie des beaux-arts. Le roi refusa d’abord son approbation, mais il finit par l’accorder. Il reçoit les insigne de chevalier de la Légion d'honneur en 18181,2. Il prit en 1792 le parti de La Révolution et traça sur le papier et la toile les exploits du général Dumas[réf. nécessaire].
Le 14 décembre 1799, il épouse Zélie van Zen, née en 1763 aux Pays-Bas. Elle lui donnera un fils, Auguste, en 1796.
En 1800, il est à Madrid avec son protecteur Lucien Bonaparte, fraîchement nommé ambassadeur.
Au début de l'Empire, Lethière ouvre un atelier à Paris près de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, au no 9 de la rue Childebert, que les élèves surnomment La Childebert, un endroit où l'on pratique à la fois l'escrime et la peinture, et où l'on refait le monde et la mode. En 1803, une rixe éclata au Café militaire de la rue Saint-Honoré, le conflit dégénéra. Lethière tue un des officiers et blesse les autres. Son atelier est fermé et il part en exil en Allemagne avec Lucien Bonaparte. Ce dernier insiste pour qu'il soit nommé à la tête de l'Académie de France à Rome. Il le fut par décret du 23 avril 1807, puis renouvelé jusqu'à janvier 1816, pour être remplacé par Pierre Guérin, par une ordonnance du roi3. De retour de la villa Médicis en 1816, il rouvre son atelier dans le quartier Saint-Germain-des-Prés, au no 9 de la rue Childebert, d’où sortirent nombre d'artistes, tels que le guadeloupéen Jean-Baptiste Gibert (1803-1889), premier prix de Rome de paysage historique en 1829, et le célèbre peintre français de l'école de Barbizon, Théodore Rousseau (1812-1867).
Il est nommé professeur de l’École des beaux-arts de Paris le 10 octobre 1819 en remplacement de Étienne-Pierre-Adrien Gois4. Il fit quatre fois le voyage d’Italie, d’Angleterre et d’Espagne.
Premier homme de couleur à s’imposer dans le monde de la peinture occidentale, Lethière a peint un tableau représentant Alexandre Pétion et Jean-Jacques Dessalines, intitulé le Serment des ancêtres et signé « Lethière, né à la Guadeloupe », qu’il offrit à la nouvelle République d’Haïti.

Alaux, Jean

  • Personne
  • Bordeaux 1786-Paris 1864

Jean Alaux (Bordeaux 1786-Paris 1864) débute à l’École des beaux-arts de Bordeaux où il est l’élève de Pierre Lacour, avant d’être admis à l’École des beaux-arts de Paris où il devient l’élève de Pierre-Narcisse Guérin et condisciple d’Horace Vernet. Il obtient le premier prix de Rome en 1815 avec Briséis pleurant le corps de Patrocle dans la tente d’Achille. et séjourne comme pensionnaire à la Villa Médicis de 1817 à 1821 où il se lie d’amitié avec Ingres.
Peintre d’Histoire, il bénéficie d’une large reconnaissance artistique et institutionnelle. Il expose au Salon de Paris à partir de 1824, et y obtient une médaille de 1re classe dès sa première participation. Nommé chevalier de la Légion d’honneur en 1828, il est promu officier du même ordre en 1841. Directeur de l’Académie de France à Rome de 1847 à 1852, il est élu membre de l’Académie des beaux-arts en 1851.
Sous la monarchie de Juillet, Jean Alaux devient le peintre favori de Louis-Philippe. Ce dernier lui confie l’entière décoration de la Salle des Généraux du château de Versailles. Il participe également à la décoration de la galerie des Batailles pour laquelle il peint La Bataille de Villaciosa (1836), La Prise de Valenciennes (1837) et La Bataille de Denain (1839). En 1854, Napoléon III le choisit pour la décoration de la grande coupole du Palais du Sénat. Il se voit également confier la restauration des fresques du Rosso dans la Galerie François Ier au château de Fontainebleau en 1858, ainsi que celles du Primatice de la Galerie Henri II.
Le directorat de Jean Alaux à l’Académie de France à Rome fut marqué par les grands bouleversements politiques qui touchèrent à la fois l’Italie et la France. Il dut rendre des comptes à pas moins de 14 ministres de l’Intérieur et 12 ministres des Travaux publics.
Son élection reste mystérieuse faute d’archives.
En 1848, Jean Alaux choisit de suite le parti de la République et rebaptise l’Académie « École de France à Rome », puis, après le coup d’État du 2 novembre 1852, il s’empressa d’inscrire « Académie impériale de France », de replacer le buste de Napoléon Ier et de faire dégager l’inscription « à Napoléon les arts reconnaissants » qui avait été recouverte de plâtre sous la Restauration. En novembre 1848, alors qu’il n’y a plus de représentation diplomatique française à Rome, les républicains s’emparent de la ville. Le 2 mai 1849, alors que Jean Alaux a accueilli cent cinquante de ses compatriotes à la Villa, les triumvirs décident d’occuper celle-ci. D’abord réfugiés au palais Colonna, Jean Alaux et les pensionnaires quittent Rome le 6 mai pour se réfugier à Florence, ne revenir que le 12 juillet et retrouver ateliers et jardins dévastés ce qui nécessitat des travaux de restauration très importants et coûteux. Son courage durant les événements lui valurent son élection à l’Académie des beaux-arts en février 1851. Jean Alaux dut se débattre à la suite avec des difficultés de paiement sans cesse renouvelés, et des problèmes financiers liés à la restauration de la Villa Médicis. Les rapports que Jean Alaux entretint avec son ministère de tutelle furent strictement financiers. Seule l’archéologie suscita vraiment l’attention des pouvoirs publics français. La cour des Comptes se montra particulièrement tatillonne, comme le furent également le ministre de l’Intérieur, et celui des Travaux publics.
Durant son mandat, plusieurs décès furent à déplorer : tout d’abord le pensionnaire Maréchal, puis le sculpteur Roguet. L’architecte de l’Académie, Giuseppe Marini, mourut en juin 1850 et fut remplacé en urgence par un membre de l’Académie de Saint-Luc, Luigi Poletti. En 1850 encore, l’Académie lui envoya un pensionnaire supplémentaire, Bouguereau (cf. 20190152/1), et un rapport sur les envois des pensionnaires que Jean Alaux jugea très dur et contre lequel il s’éleva.
Durant son directorat, la bibliothèque de la Villa s’enrichit de nouveau et gagna le grand salon en 1851. Les pensionnaires architectes Tétaz, Garnier et Desbuisson partirent en Grèce, Boulanger fut chargé de la copie du Festin des dieux de la Farnésine pour les Gobelins, le transport des envois annuels devint réellement problématique, le muro torto fut réparé et une pompe à incendie fut obtenue du ministère.
Son successeur -et prédécesseur- Jean-Victor Schnetz, lui succéda début 1853.
Comme pour les directorats précédents, le contenu du fonds Jean Alaux comprends une correspondance abondante entre le directeur et ses tutelles (ministère de l’Intérieur et Académie des beaux-arts), ainsi que de très nombreuses pièces comptables qui permettent un suivi fin de la vie quotidienne à l’Académie de France à Rome, des travaux effectués à la Villa Médicis, de l’entretien des espaces, de l’état de santé des pensionnaires et du coût de la vie à Rome.
Quelques courriers et pièces de correspondance adressés à Victor Schnetz ou produits par ce dernier ont été intégrés dans ce directorat, probablement du temps de Jean Alaux.

Académie de France à Rome

  • Collectivité
  • (1666-...)

La création de l’Académie de France à Rome coïncida avec la politique des grands travaux entreprise par Louis XIV à la fin du XVIIe siècle, par lesquels furent transformés le Louvre, les Tuileries et Versailles. Créée en 1666, sous l’impulsion de Colbert, de Le Brun et du Bernin, elle accueillait à la fois les artistes ayant remporté le Premier Prix de Rome et des pensionnaires protégés de quelques grands seigneurs. Les jeunes artistes pensionnés par le roi avaient alors la possibilité d’acquérir un complément de formation au contact de Rome et de l’Italie.

A cette époque les pensionnaires, soumis à une discipline rigoureuse, devaient consacrer leur séjour à la réalisation de copies de l’Antique ou de la Renaissance. Aux peintres et sculpteurs s’ajoutèrent en 1720 les architectes. Avant de s’installer à la Villa Médicis, l’Académie de France à Rome connut plusieurs résidences successives : de la modeste maison près de Sant’Onofrio sur les pentes du Janicule elle déménagea au palais Caffarelli (1673), puis au palais Capranica (1684), et enfin au palais Mancini (1725). C’est à cette époque que l’Académie de France accueillit les peintres Boucher, Subleyras, Fragonard, David et des sculpteurs tels que Houdon.
Pendant la Révolution, la charge de directeur fut abolie. Le palais Mancini fut saccagé et pillé par des contre-révolutionnaires romains en février 1793; certains pensionnaires fuirent à Naples ou Florence. A la suite de ces événements, l’Académie de France à Rome fut supprimée. Elle fut rétablie en 1795 par le Directoire, mais il restait à lui trouver un nouveau lieu d’accueil. Le 18 mai 1803, la France et la Cour d’Etrurie décidèrent d’échanger le Palais Mancini contre la Villa Médicis.

En déménageant, l’Académie de France à Rome changea également de statut. Désormais rattachée à l’Institut de France, le concours d’entrée, le «Prix de Rome», était organisé par l’Académie des Beaux Arts. Les musiciens entrèrent à l’Académie de France à Rome avec le prix de composition créé en 1803. Les graveurs la rejoignirent quand fut créé le prix biennal de gravure en taille douce en 1804 et le prix quadriennal de gravure en médailles et pierres fines en 1807. Ces deux disciplines devaient célébrer les victoires napoléoniennes. De 1835 à 1841, Ingres est directeur de la Villa. Les directeurs sont traditionnellement d’anciens pensionnaires, même si cette règle connaît quelques exceptions, par exemple pour Carolus-Duran. Tout au long du XIXe siècle, l’Académie accueille des pensionnaires célèbres comme Victor Baltard, l’architecte des Halles de Paris, Charles Garnier, qui fit construire l’Opéra du même nom à Paris, des compositeurs tels que Berlioz, Bizet, Gounod ou Debussy, des sculpteurs tels que Carpeaux et David d’Angers.

Au début du XXe siècle, avec Lili Boulanger (Grand Prix de Rome de composition musicale en 1913) et Odette Pauvert (Grand Prix de Rome de peinture en 1925), les femmes font leur entrée à l’Académie. Durant la seconde guerre mondiale, la Villa est réquisitionnée par Mussolini. L’Académie est alors transférée à Nice puis à Fontainebleau. En 1961, André Malraux nomme le peintre Balthus à la direction de la Villa. Les deux hommes ont la volonté de réformer profondément l’Académie. Balthus entreprend une grande restauration de l’édifice et organise des manifestations pour ouvrir la Villa aux romains. Il fait aménager, à cette fin, de nouvelles salles d’exposition. Cette nouvelle approche est entérinée par un décret en 1971. L’Académie se détache alors de la tutelle de l’Académie des Beaux-Arts et les principes du concours sont profondément modifiés.

La durée du séjour passe de quatre à deux ans maximum tandis qu’écrivains, cinéastes, photographes, scénographes, restaurateurs d’oeuvres d’art et historiens de l’art agrandissent le cercle des pensionnaires, dont le nombre passe de 12 à 25. Participant aux échanges culturels et artistiques, la Villa Médicis organise des expositions, des concerts, des colloques ou des séminaires sur des sujets relevant des arts, des lettres et de leur histoire. Conçu par le décret de 1971 comme un lieu idéal de rencontres franco-italiennes, la Villa Médicis joue ainsi un rôle décisif au sein de la vie culturelle romaine et européenne. Ces objectifs ont été au cœur des actions de Jean Leymarie (1977-1984), Jean-Marie Drot (1985-1994), Jean-Pierre Angremy (1994-1997), Bruno Racine (1997-2002), Richard Peduzzi (2002-2008), Frédéric Mitterrand (2008-2009), Éric de Chassey (2009-2015) et de Muriel Mayette-Holtz.